[68] Voyez dans notre Logique, le livre des Vertus intellectuelles inspirées.

XVII

Et c’est ainsi que les vertus intellectuelles tiennent aux vertus morales. La foi est la racine commune. La foi est précisément cette parole dont Jésus a dit : « Si vous conservez ma Parole, vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous rendra libres. » O hommes, c’est ici ou jamais qu’il faut l’effort de l’éducation personnelle. C’est de la liberté maintenant qu’il s’agit, et de toute votre dignité d’hommes. C’est ici qu’il faut dire : « Aide-toi, le ciel t’aidera ; prends de la force, et deviens homme ! » — Courage, ami ; fussiez-vous courbé tout le jour par le travail vers la terre, fussiez-vous enfoui dans les mines, courage, levez la tête, et laissez bondir votre cœur ! L’éducation morale, encore beaucoup plus importante que l’éducation intellectuelle, est toujours en vos mains. Vous avez Dieu, la raison et la foi, la droiture, la bonne volonté, la prière et l’élan du cœur : vous pouvez faire de votre esprit une lumière toujours grandissante, et de toute votre âme, une âme libre. Vous pouvez devenir un homme, un sage, un saint, un bienfaiteur de votre race et du genre humain. Oui, par la seule consistance de votre âme en Dieu, dans la justice et dans la vérité voulues, dans le courage qui donne la liberté, vous bénissez implicitement et vous aidez les âmes de tous les hommes. Vous êtes dans le faisceau des âmes, un aimant vigoureux qui aimante et oriente les autres.

Et nous venons ici à nos devoirs envers autrui, presque déjà remplis par l’accomplissement du devoir envers Dieu et envers nous-mêmes.

CHAPITRE IV
DEVOIRS DE L’HOMME ENVERS AUTRUI. LA FAMILLE.

Il les faut tous assister et aimer ! la famille, la patrie, l’homme, quel qu’il soit, qui se trouve blessé près de nous, le genre humain, l’Église, c’est-à-dire l’assemblée des hommes unis entre eux et avec Dieu. Quels objets à aimer, à servir, à aider dans la marche vers Dieu !

I

Mais, pour accomplir toutes ces choses, après votre éducation personnelle, ô homme, bénissez Dieu, vous n’êtes pas seul ! Oh ! si vous étiez seul, que la tâche serait lourde ! Malheur à l’être moral qui serait seul ! Mais l’homme n’est pas un être solitaire, c’est un être groupé. La grappe, l’épi sont bien plutôt notre symbole que la perle ou que le diamant. Ami, il y a la famille, la famille dont vous sortez, et la famille que vous fondez.

II

La famille ! Parlons de celle que vous fondez. Peut-être comprendrez-vous mieux. Oui, pour accomplir ces devoirs et vous aider dans ces efforts, vous avez un secours intime, un aide qui est presque vous-même : Adjutorium simile sibi. Vous avez une permanente ressource, une récompense toujours présente, un objet visible d’amour à qui Dieu même vous a uni par contrat naturel, social, légal, sacré. Voilà la force : « car, dit le Christ, lorsque deux d’entre vous s’unissent en mon nom sur la terre, quoi qu’ils demandent, ils l’obtiendront. » On peut donc tout. O ami, dix années de travail et d’éducation personnelle vigoureuse, est-ce trop pour vous rendre digne que Dieu vous donne sa fille comme compagne de toute votre vie ? Ignorez-vous que le mariage chrétien dans sa condition sainte implique ceci : c’est que Dieu même donne son fils ou sa fille, et une dot qui est un royaume ?