Me Ollivier, à côté duquel on a fait tomber le no 10 sur M. Bazaine, comme à côté de M. de Grammont, de M. Lebœuf, de Me Gambetta, etc., Me Ollivier pense que rien ne l'empêche de venir reprendre part aux affaires politiques d'un pays qu'il a perdu;—il vient de publier une lettre très bizarre, dont je dois dire quelques mots:

Il semblerait qu'ayant par son ambition et sa légèreté attiré sur la France un des plus grands désastres que contienne notre histoire, Me Ollivier et ses complices n'avaient que deux partis à prendre:

Le premier, de courir auprès de leur empereur et de se faire tuer autour de lui—et avec lui autant que possible—pour apaiser les mânes de tant de victimes qu'ils avaient faites.

Le second parti, moins beau, moins expiatoire, était de passer dans une retraite absolue le reste d'une vie maudite,—détestée par les mères, matribus detestata, comme dit Tacite.

Mais:

Me Ollivier sait que pour les sottises et pour les crimes politiques, la prescription s'acquiert naturellement au bout de six mois—le plus long terme où puisse s'étendre la mémoire française.

Donc, quatre ou cinq fois six mois s'étant écoulés, Me Ollivier n'ayant été ni fusillé, ni exilé, ni emprisonné; le sort de la vindicte publique étant tombé sur d'autres; M. Bazaine à Sainte-Marguerite payant pour tous; son histoire était tout à fait oubliée.

Rien donc ne l'empêchait de venir reprendre sa place dans la politique et son rang «à la queue» des compétiteurs du pouvoir, et vous allez le voir, aux prochaines élections, demander, comme candidat, un témoignage de confiance à ses compatriotes.—Prêt à tout recommencer.

Voici les hardiesses saugrenues qu'imprime Me Ollivier:

«L'émulation s'établira entre les deux formes de la démocratie: la république et l'empire.