«Depuis longtemps des douleurs rhumatismales lui avaient paralysé la main droite, et il boitait des suites d'une chute de cheval»; et ailleurs: «Le roi était habituellement d'une mauvaise santé, et cette disposition, qui augmentait sans cesse, donnait à son caractère quelque chose de triste et de morose, il éprouvait un malaise presque continuel, etc.»
Louis-Napoléon, Napoléon III, est né à Paris, aux Tuileries, le 20 avril 1808;—or, on rappelait que la reine avait quitté son mari en 1807, après un voyage aux Pyrénées, entrepris au mois de mai 1807,—voyage après lequel les époux ne se revirent qu'en 1809;—la malveillance prétendait qu'ils étaient très probablement séparés au mois d'août 1807, époque de la conception probable de Louis-Napoléon,—parce que, disaient les ennemis, le roi ne pouvait rester plus longtemps hors de ses États, et qu'on ne peut admettre que cette absence de la Hollande se fût prolongée plus de trois mois,—mais ce que la malveillance prétendait, elle ne le prouvait pas; cette absence peut avoir été assez longue, car elle le fut trop pour son peuple,—«ce fut pendant cette absence qu'eut lieu le traité de Tilsitt, où il s'agissait de puissants intérêts pour la Hollande».
Donc la malveillance a beau rapprocher et la mauvaise santé du roi, et son éloignement pour la reine, et leur séparation en 1807, et d'autres circonstances dont il ne me convient pas de parler,—elle ne peut en tirer que des probabilités,—mais point de certitude;—si l'on se rappelle surtout, en l'appliquant aux tendresses conjugales, ce que les musulmans disent à propos de l'adultère. «On peut supposer une femme coupable dès l'instant qu'elle est restée enfermée seule avec un homme le temps de faire cuire un œuf à la coque.»
La séparation du roi et de la reine de Hollande, en 1807, a pu donner lieu à des commentaires, mais ne fournit nullement les conditions d'une preuve,—ce qui s'est passé en Hollande pendant le séjour de Louis et d'Hortense aux Pyrénées, portant au contraire à croire qu'il a pu se prolonger jusqu'au mois d'août, malgré les puissantes raisons qui, d'autre part, devaient le rendre plus court.
Mais ce qui est tout à fait prouvé, c'est l'irritation qu'avait conservée Napoléon contre son frère Louis, et qui ne le montre pas disposé à appeler sa descendance à sa succession.
Il suffit de lire quelques passages de ses lettres à ce frère presque rebelle.
Avant de citer ces passages, j'en extrairai trois phrases intéressantes:
«Il faut qu'une chose soit faite pour qu'on avoue d'y avoir pensé.» (27 mars 1808.)
«Je ne me sépare pas de mes prédécesseurs depuis Clovis jusqu'au concile du salut public, je me tiens solidaire de tout.» (20 décembre 1808.)
«Comment la connaissance de mon caractère, qui est de marcher droit à mon but sans qu'aucune considération puisse m'arrêter, ne vous a-t-elle pas éclairé?» (20 mai 1810.)