Voici, du reste, ce que Napoléon disait de son frère Louis, à Sainte-Hélène:
«Louis a de l'esprit, n'est point méchant; mais avec ces qualités, un homme peut faire bien des sottises, et causer bien du mal.
»L'esprit de Louis est naturellement porté à la bizarrerie.
»Courant après une réputation de sensibilité et de bienfaisance, incapable par lui-même de grandes vues, susceptible tout au plus de détails locaux, Louis ne s'est montré qu'un roi-préfet.»
Il faut voir comme son frère le traitait quand il essayait d'être autre chose. Les quelques phrases citées ci-dessus n'en peuvent donner qu'une faible idée.
«Louis n'avait pu être bien avec sa femme que très peu de mois. Beaucoup d'exigence de sa part, beaucoup de légèreté de la part d'Hortense: voilà les torts réciproques.
»Toutefois, ils s'aimaient en s'épousant, ils s'étaient voulus l'un et l'autre.»
Là Napoléon dément un des bruits signalés plus haut.
«Ce mariage, au reste, était le résultat des intrigues de Joséphine qui y trouvait son compte.»
«A mon retour de l'île d'Elbe, Louis m'écrivit une longue lettre pour revenir auprès de moi. Croirait-on qu'une de ses conditions était qu'il aurait la liberté de divorcer avec Hortense? Je maltraitai fort le négociateur, pour avoir osé se charger d'une telle absurdité.