»Soyez bon Français de cœur, ou votre peuple vous chassera, et vous sortirez de la Hollande l'objet de la risée des Hollandais;—c'est avec de la raison et de la politique que l'on gouverne les États, et non avec une lymphe âcre et viciée.»
23 mai 1810.—«Par vos folies vous ruinez la Hollande, je ne veux pas que vous envoyiez de ministre en Autriche.
»Ne m'écrivez plus de vos phrases ordinaires, voilà trois ans que vous me les répétez, et chaque instant en prouve la fausseté.
»C'est la dernière lettre de ma vie que je vous écris.»
Ce ne sont pas certes là des dispositions fraternelles, ni amicales,—et elles ne durent pas s'améliorer lorsque Louis, s'évadant du trône, se réfugia en Bohême, refusa d'obéir à l'ordre qui lui fut transmis le 12 octobre 1810.
«L'empereur entend que le prince Louis soit rentré en France le 1er décembre prochain, sous peine d'être considéré comme désobéissant au chef de sa famille et traité comme tel», etc.
Ni lorsqu'il publia une protestation contre «l'usurpation» de son frère à l'égard de la Hollande, etc.
«En mon nom, au nom de la nation hollandaise, je déclare la prétendue réunion de la Hollande à la France, mentionnée dans le décret de l'empereur mon frère, en date du 9 juillet passé, comme nulle et de nul effet, illégale, injuste, arbitraire aux yeux de Dieu et des hommes, dont elle blesse tous les droits; se réservant, la nation et le roi, de faire valoir leurs justes droits quand les circonstances le permettront.
«Donné à Tœplitz, en Bohême. Le présent acte écrit et signé de ma main, et scellé du sceau de l'État, ce 1er août 1810.
«Signé: LOUIS-NAPOLÉON.»