Il y a encore là un combat de clan contre clan et un terrible combat,—le clan Chattam contre le clan de Quhèle,—trente contre trente.

Le clan Quhèle a pour chef un jeune homme, Eachin, élevé loin des montagnes, de la chasse et des exercices guerriers; son tempérament, plus fort que sa volonté, lui refuse la farouche valeur de ses compagnons et de ses adversaires,—mais son père nourricier, le géant Torquil du Chêne, l'entourant avec ses huit fils qui ne laisseront pas approcher de lui le terrible armurier Henry,—crie à ses fils: «Mourez pour Eachin!»—Puis, à mesure qu'un des gardes du corps est renversé—Torquil s'écrie: «Un autre qui meurt pour Eachin!»

Ils sont tous tués,—et alors Eachin jette ses armes, se précipite dans la rivière et se sauve—peut-être à Saint-Sébastien.

On aime à s'en prendre à ses ennemis de ses calamités, de ses déboires, mais le plus souvent il serait plus juste et plus vrai de se les attribuer à soi-même,—tous les partis, tous les gouvernements périssent par leurs ultras.

A peine rentré en France, derrière les baïonnettes étrangères, Louis XVIII dut en ressortir.

Pourquoi?

Voilà ce que disait un bon Français de ce temps-là:

«Les Bourbons s'en retournent parce que, au lieu de rentrer chez nous, ils ont voulu rentrer chez eux.»

En 1816,—remonté de nouveau sur le trône, Louis XVIII se plaignait de ses amis, et prenait des précautions contre eux. Le comte Decazes, ministre de la police générale, père, je crois, du duc actuel, qui doit être comte de Cazes et Duc de Glusberg, écrivait aux préfets, au nom du Roi, le 12 septembre;—il les engageait à surveiller et à écarter les Belcastel et les Dahirel de ce temps-là: «Les amis insensés qui ébranleraient le trône en voulant le servir autrement que le Roi ne veut l'être; qui, dans leur aveuglement, osent dicter des lois à la sagesse, et prétendent gouverner pour lui,—le Roi ne veut aucune exagération.»

A cette même époque, un préfet recevait l'ordre de «repousser des élections MM. tels et tels, et notamment M. le marquis de Clermont Mont-Saint-Jean, comme trop royalistes».