Il arrive à la société, trouve nombreuse compagnie, parle, fume, boit, mange du foie grillé, joue sa quote-part contre celle du voisin, perd, continue à jouer et rentre chez lui à une heure avancée, un peu gris et ayant perdu quinze ou vingt francs de mangeaille et de boisson.

Le lendemain, il se lève brisé, ayant comme on dit dans le peuple «mal aux cheveux et froid aux yeux» il ne met pas de cœur à la besogne, maudit le bourgeois, et se promet de voter pour MM. Cotte et Gambetta qui doivent le mener par la république dans ce pays de cocagne où on boit toujours du bleu sans être saoul, où on mange du foie de porc à la poêle toute la journée.

Et essayez de démontrer au paysan qu'on le trompe, qu'on le bafoue, qu'il ne doit pas, dans son intérêt même, voter pour MM. tels et tels qu'il ne connaît pas.

Il vous répondra:

—«Voui, voui, mais si je ne vote pas pour lui, les autres diront que j'ai peur, que je trahis, et je ne pourrai plus paraître.»

Et un monsieur Ferouillat se trouve député.
L. B.

Voilà le mal,—mais quel est le remède?

Car, fermer les chambrées ne suffit pas,—à l'habitant des champs comme à l'habitant des villes—il faut des distractions, des plaisirs.

Eh bien, il suffit de se rappeler,—et de substituer des plaisirs amusants, à des plaisirs ennuyeux.

Il faut remettre en honneur et à la mode les jeux d'adresse et d'exercice,—la paume, le ballon,—les boules,—la course,—le saut,—la natation, etc.—Il faut exciter l'émulation par des prix capables d'être désirés, des prix distribués dans des fêtes périodiques, auxquelles on donnerait un éclat joyeux,—la fête des semailles, la fête de la moisson,—la fête des vendanges,—et bien d'autres.