Ce serait une restauration de la légitimité.
La France à peu près entière se lèverait contre cette restauration.
Il y a trois générations aujourd'hui existantes, dont la première déjà clairsemée sur le champ de bataille de la vie,—rari nantes—date des premières années de ce siècle: toutes trois ont été nourries et élevées dans l'horreur de la restauration et du gouvernement dit «légitime et de droit divin».
Cette haine invétérée est poussée si loin non seulement par un grand nombre de républicains modérés, mais aussi par les bourgeois libéraux, qui forment la majorité des esprits en France, que vous les verriez se replier sur le parti soi-disant républicain et s'allier aux «pétroleurs», plutôt que de subir une nouvelle restauration.
Et,—je ne voudrais fâcher personne, mais l'amour de la vérité et ma conscience m'obligent à dire que le projectile le plus employé contre une pareille surprise si elle pouvait avoir lieu, serait le «trognon» de pommes.
Je reçois une fâcheuse nouvelle; un «ami» m'avait envoyé de Rome le discours de S. S. Pie IX à Lady Herbert, discours que je m'étais empressé de publier, le trouvant de tout point chrétien et évangélique. Eh bien! il paraît que cet «ami» n'est pas un ami—que, au contraire, il a abusé de ma crédulité,—que ce discours n'a pas été tenu, et que Pie IX a tranquillement encaissé les quatre-vingt-dix mille francs.
Un journal italien qui se publie à Rome, l'Italie, avait,—d'après les Guêpes,—publié ce discours et avait, comme elles, rendu un juste hommage aux sentiments qui l'avaient inspiré.
Mais voilà que la Voce della Verità, journal catholique, ou journal officiel ou officieux de la cour de Rome, gourmande l'Italie à ce sujet.
Je lis en effet, dans ce dernier journal, les lignes que voici:
«La Voce della Verità nous a bien diverti hier soir, en nous prouvant, par les faits, qu'elle est d'une ingénuité à nulle autre pareille.