»Nous nous expliquons.

»Dans notre numéro du 23 avril nous avons reproduit, d'après les Guêpes d'Alphonse Karr et en citant la source, un prétendu discours du pape à lady Herbert, qui lui avait apporté quatre-vingt-dix mille francs au nom des bonnes et des cuisinières anglaises. Ce morceau de prose était tout empreint de cette... ironie dont le..... solitaire de la Maison-Close a... le..... secret.

»M. Alphonse Karr, vous vous le rappelez, faisait dire au pape qu'il ne pouvait pas accepter cette somme, parce qu'elle venait d'un pays où la misère est plus grande et plus affreuse que partout ailleurs, et Sa Sainteté terminait ainsi:

«Vous allez remporter cet argent; ne servît-il qu'à sauver chez vous quelques centaines de femmes de la misère, de la faim, de l'ivrognerie, de la prostitution, il sera employé plus utilement, plus chrétiennement qu'à être donné à un serviteur de Dieu, qui est très riche, et qui, d'ailleurs, ne le fût-il pas, a devant les yeux l'exemple du Christ qui a vécu pauvre toute sa vie,—n'a jamais possédé qu'une seule robe,—n'avait pas une pierre où reposer sa tête.»

»Eh bien! hier soir, 1er mai, la Voce della Verità publiait un article de fond pour proclamer nettement que nous avions été mal informé, et que le pape, bien loin de refuser la somme offerte par lady Herbert, s'est empressé de l'accepter.»

Pourquoi la Voce della Verità adresse-t-elle son démenti à l'Italie, au lieu de l'adresser aux Guêpes?

Dix journaux italiens: Il Secolo, de Milan, Il Pungolo, Il Corriere di Milano, Il Rinnovamento, de Venise, La Nazione, de Florence, etc., etc., enregistrent, avec des commentaires, le démenti de la Voce della Verità.—C'est un éclat de rire général.

Disons donc que nous avons été mal informés, l'Italie par les Guêpes, les Guêpes par un faux ami,—que le pape n'a pas tenu ce discours si évangélique, et qu'il a encaissé les quatre-vingt-dix mille francs, avec sérénité.

Je retrouve dans mes vieux papiers quelques pages que j'ai écrites du temps du dernier empire,—je vais les reproduire ici.

Ça répondra une fois de plus aux bons petits papiers rouges et aux bêtats qui m'ont appelé bonapartiste, parce que, ayant dit, quand l'empereur était à l'apogée de sa puissance, tout ce que j'ai pensé et tout ce que j'ai voulu dire,—je n'ai pas eu besoin de me mêler au concert d'injures, dont eux silencieux pendant son règne, ils l'ont accablé après sa chute.