»Je jette un regard autour de moi: mon domestique est Savoyard; ma cuisinière, Bretonne; mon cheval est Normand (je te prie de croire que son père est pur sang).
»Cherchons ailleurs. Cherchons des Parisiens. Cherchons dans les poëtes.
»M. Hugo est né en Franche-Comté.
»M. Dumas, à Villers-Cotterets.
»M. Méry, en Provence.
»M. Janin, à Saint-Étienne.
»M. de Balzac, en Touraine.
»M. Jules Sandeau, en Touraine.
»Madame Sand, en Touraine.
»M. de Chateaubriand, en Bretagne.
»M. de Lamartine, à Mâcon.
»M. Casimir Delavigne, au Havre.
»M. Frédéric Soulié, en Languedoc.
»M. Eugène Sue, en Provence.
»M. Théophile Gautier, est à peu près Espagnol.
»Et M. Gozlan est né en pleine mer.
»J'arriverai donc dimanche à mon château de Fousseron, et n'arriverai pas incognito pour jouir de l'empressement de mes vassaux. Convoque mes musiciens; donne des ordres au gros merle noir, mon maître de chapelle; commande un beau ciel et une belle nuit bien étoilée. Ordonne aux arbres de se parer de leurs plus beaux panaches verts; que la prairie se couvre de sa parure de perles blanches; charge les giroflées de parfumer l'air.
»Si tu pouvais me donner un beau clair de lune, tu me ferais plaisir.
»Tâche d'avoir une certaine petite fauvette à tête noire; elle est très-coquette, très-demandée, très-courue; tu auras peut-être un peu de peine. En un mot, prépare-moi une réception digne de le magnificence du sire de Fousseron.
»Adieu.
»Robert.»
Impression que produisit sur Tony Vatinel la lettre de son ami Robert.