ZOÉ. Eh bien!... c'est assez difficile à dire... Écoute bien. Crois-tu m'aimer d'amour? Je réponds moi-même: Non, tu ne m'aimes pas d'amour.

CHARLES. Ah!

ZOÉ. Tu as eu quelque chose de plus pressé que de venir me voir hier.

CHARLES. Je le crois bien, une partie charmante!

ZOÉ. Quand on est amoureux, il n'y a rien de charmant.

CHARLES. Excepté la personne...

ZOÉ. Oui; tu as reçu une lettre de moi, sans trouble, sans émotion; tu ne l'as pas couverte de baisers, tu ne l'as pas relue cent fois, tu ne l'as pas mise la nuit sous ton oreiller; le matin, tu ne t'es pas réveillé tout joyeux. Au lieu de l'enfermer comme un avare son trésor, tu ne sais pas où elle est.

CHARLES. Mais...

ZOÉ. Laisse-moi continuer... Tu viens près de moi en flânant; ta barbe n'est pas fraîchement faite, tes gants sont fanés; tu as, en me parlant, précisément le même son de voix qu'en parlant à ma mère.

CHARLES. Oh! ça...