ROBERT. Voici des cigarettes ou des pipes avec du tabac turc, doux comme du miel.

CHARLES. Non, donnez-moi le brûle-gueule culotté et du tabac plus fort que cela, sacredieu! du caporal.

ROBERT. Que devenez-vous donc, Charles, que je ne vous voie plus?

CHARLES. Que voulez-vous, mon cher! le tourbillon de Paris vous entraîne, les soirées, les concerts, les spectacles, les femmes.

ROBERT. Vous ne parlez pas de votre bureau?

(Charles, qui était à son bureau un modèle d'assiduité, se sentit, à cette allusion à ses vertus privées, devenir rouge jusqu'aux oreilles.)

CHARLES. Mon bureau, mon bureau, ce n'est pas là ce qui me prend du temps; j'y vais pour ne pas faire trop rabâcher mon père; quand j'ai le temps, trois ou quatre fois par mois.

ROBERT. Mais c'est une place fort commode. Et l'on vous donne pour cela?

CHARLES (qui ne reçoit au ministère que 1,200 francs). Oh! une misère, une bagatelle, que je lâcherai aussitôt que mon bonhomme de père aura passé à l'état d'ancêtre, un millier d'écus.

ROBERT. Prenez-vous des liqueurs? Voici de l'anisette, du curaçao.