Les femmes passent des tailles longues et des manches larges aux manches justes et aux tailles courtes, pour revenir l'année prochaine à ce qu'elles ont abandonné cette année.
La passe des chapeaux, comme disent les journaux de modes, se porte très-large, puis très-étroite, puis très-large, etc.
Si quelqu'un s'avise de vouloir sortir de ce cercle, on crie haro sur lui.
On n'a jamais osé changer les formes des hideux chapeaux des hommes. Celui qui l'essayerait risquerait d'être lapidé et déchiré par le peuple le plus poli et le plus changeant de la terre.
En 1832, des jeunes gens se sont grisés pour se donner l'audace de porter des chapeaux roses. C'était fort laid, il faut le dire; et lesdits jeunes gens pensaient par là, tant le moindre changement a de gravité, renverser le gouvernement, si tant est qu'il y ait un gouvernement en France. Eh bien! le peuple les a battus et la police les a plongés dans des cachots; sans cela, ce seul changement de couleur d'une douzaine de feutres eût inévitablement ramené les horreurs de 1793.
Il est difficile de voir un pays plus attaché à la forme de son chapeau.
Je n'admets donc pas que la mode soit si capricieuse et si mobile qu'on le prétend. Loin d'être une déesse légère, fugitive, prismatique, avec une écharpe couleur arc-en-ciel, c'est une vielle sibylle, radoteuse et monotone.
Voilà pourquoi je me suis abstenu du trait en question.
IV
Clotilde avait une robe d'un vert, très-foncé. Tony Vatinel, un paletot large de gros drap bleu; ses cheveux n'étaient pas encore séchés; aussi, quand il entra, Clotilde lui dit: «Oh! mon Dieu! comme vous venez tard, et comme vous voilà fait!»