ANTOINE HUGUET.—De mille francs. Je ne me suis nullement ému; j'ai dit au domestique: «Je n'ai pas la monnaie de mille francs, mais allez-vous-en passage des Panoramas, vous trouverez un changeur qui n'est pas très-beau; ou, place de la Bourse, vous en trouverez un qui est très-laid: ils vous feront parfaitement votre affaire.»

Le domestique redescendit. La première épreuve avait échoué; les gens les plus riches peuvent ne pas avoir chez eux mille francs en argent.

Deuxième épreuve.—Huit jours après, le domestique remonta; il me dit que son maître donnait à dîner, qu'il lui manquait un peu d'argenterie, et qu'il me priait de lui prêter trois couverts. «Comment donc!» ai-je répondu, mais avec le plus grand plaisir, il ne faut pas se gêner entre voisins; êtes-vous bien sur qu'il ne faille à votre maître que trois couverts?

—Oui, monsieur.

—Faites-moi le plaisir de redescendre, pour voir si trois couverts lui suffiront.

Au bout de dix minutes, le domestique remonta m'affirmer qu'il y aurait assez de trois couverts. «Gargantua, dis-je alors au rapin ici présent, donne trois couverts.» Gargantua, avec une gravité digne des plus grands éloges, tira trois couverts.... Gargantua ne mettait pas, je crois, alors les couverts dans la tête de la Niobé; c'était l'été, il les serrait dans le four du poêle.

MITHOIS.—Les couverts dont nous nous servons?

ANTOINE HUGUET.—Oui.

CHARLES LEFLOCH.—Les couverts de fer?

ANTOINE HUGUET.—Oui.