Je ne le connais pas et ne puis apprécier l'agrément que me pourrait donner cette entrevue en tout autre temps, mais, en ce moment de la magnifique explosion du printemps dans mon jardin, au moment où les camélias donnent leurs dernières fleurs pour faire humblement place aux roses, au moment où, d'un arbre à l'autre, s'étendent les guirlandes parfumées des glycines et des chèvrefeuilles, au moment où l'aponogéton couvre l'eau de ses coquillages blancs et noirs doucement odorants, au moment où comme disait le charmant chansonnier, mon ami Bérat:

Ça sent bon dans la plaine,

Deux à deux v'là qu'on s'y promène;

Les amours ont déjà r'pris,

L'rossignol chante toutes les nuits,

Dans les nids,

Y a des petits.

Je ferais une résistance sérieuse au voyage, je serais malade, vieux, etc.

Et, comme dit une de mes petites-filles, quand j'élude pour cette raison ou sous ce prétexte quelque chose d'ennuyeux: «Voici le grand-père qui va tirer son grand âge.»

On a vu, par ces derniers temps, des gens mandés, amenés, interrogés, ennuyés, fouillés, pour des situations moins graves que celle où je me trouve par ce malheureux petit morceau de ma prose qui se trouve reproduit dans la lettre de M. Boulanger.