«Il n'y a pas de gouvernement si sujet aux guerres civiles et aux agitations intestines que le démocratique, parce qu'il n'y en a aucun qui tende si fortement et si continuellement à changer de forme.»

Et Diderot, que vous allez déranger sottement pour le mettre au Panthéon, et pour lequel également il n'y eût pas eu assez de lanternes pour l'accrocher, si on l'avait lu et compris, vous dit franchement que, en République, la popularité est un crime.

«Comme le peuple n'est pas aimable, dit-il dans l'Encyclopédie, il faut supposer un but intéressé à ceux qui le caressent.»

«Les tyrans les plus odieux qui ont opprimé Rome ne manquaient pas de se rendre populaires par les assemblées, les spectacles et les libéralités folles.»

Il n'y a pas de République possible sans «l'ostracisme»; pour maintenir la République, il faut pouvoir exiler Aristide, parce que ça ennuie de l'entendre appeler le Juste; Alcibiade parce qu'il a coupé la queue à son chien, et fait périr Socrate sans savoir pourquoi.

Jusque-là, vous alliez assez bien,—vous vous étiez naturellement et fatalement, au nom de la liberté, avancé vers le despotisme le plus insolent;—vous combattez le suffrage universel, qui est le fondement et le prétexte de votre gouvernement; vous attaquez la liberté de la presse,—l'arche sainte quand vous n'étiez pas au pouvoir et quand vous vous en serviez; vous êtes comme des acrobates et funambules qui scieraient la corde sur laquelle ils dansent et font leurs tours.

Mais voici que tout à coup vous devenez timides, et, au lieu de «supprimer», vous chicanez, vous faites des procès qui vous perdent si vous les perdez, qui achèvent de vous couvrir de honte et de ridicule si vous les gagnez.

Mon Dieu! pourvu que le brav'général ne mette pas cette phrase-là dans une de ses lettres.

A Atticus Naquet!

Si cependant vous persévérez dans la voie où vous vous êtes engagés, je vais, même dans cette voie, vous donner des avis utiles, mais à condition que vous ne me dérangerez pas.