»—C'est bien, cette nuit, tu seras débarrassée de ta rivale;—je ferai des incantations, des conjurations qui mettront fin à sa vie en quelques instants, dans d'horribles souffrances. Mais tu verras ce que c'est que l'amour d'une mère; car c'est le dernier prodige que je puis demander à Satan, et, dès lors, je lui appartiendrai.

»A minuit—la mère et la fille gagnèrent un certain carrefour de la forêt; j'avais ordre de les suivre d'assez loin.

»Là, la mère traça un cercle,—y entassa certaines herbes sèches,—y mit le feu—et prononça d'horribles paroles, des malédictions, des promesses au diable, etc;—puis elle alluma les herbes et y jeta la mèche de cheveux; mais, au premier crépitement que firent les cheveux en brûlant, celle à qui ils appartenaient et contre laquelle la conjuration était faite, Proserpine tomba en poussant un grand cri, se roula dans d'épouvantables convulsions et expira. Une main invisible saisit la vieille par les cheveux et l'enleva.—Je tombai évanoui de terreur.

»Quant au prince, aussitôt qu'il eut quitté le talisman, il fut délivré de l'obsession;—ses yeux s'ouvrirent,—il vit la beauté et le charme de sa femme.

»Et la naissance d'un héritier coïncida, quant à la conception, avec cette même nuit où Proserpine avait promis de se donner.»

C'est ainsi que l'homme basané raconta l'histoire avant de mourir avec l'absolution du prêtre qui l'assistait.

P.-S.—J'ai voulu, moi aussi, célébrer le fameux Centenaire de 1789 à 1889.

J'ai condensé en CINQ CENTS LIGNES la véritable histoire de France depuis cent ans, par un vieux spectateur désintéressé qui n'a jamais voulu être rien dans rien.

Ces cinq cents lignes sont la réfutation des mensonges effrontés publiés sur cette époque en tant de volumes par Thiers, Louis Blanc Michelet et tant d'autres.

Mensonges qui ont empoisonné tant d'esprits et infligé à la France tant de désastres et de misères.