Au moment où une grande guerre éclate, Mercure, par l'ordre de Jupiter, descend aux enfers, appelle les héros et demande quels sont ceux qui veulent remonter sur la terre et reprendre leur métier.—Tous refusent en haussant les épaules et en ricanant.
Où est le temps où Homère disait:
«Le bouclier soutenait le bouclier, le casque s'appuyait contre le casque, l'homme contre l'homme; on voyait alors à qui on avait affaire.
»Par Hécate, dit Léonidas, que ferions-nous avec nos épées si courtes dont nous étions fiers contre des ennemis invisibles!»
«J'ai pu, dit Horatius Coclès, empêcher les Étrusques de franchir un pont, mais je ne pourrais empêcher une bombe venant d'un point que je ne verrais pas, de passer par-dessus.»
«Je ne pourrais, dit Arnold Winkelried, comme à la bataille de Sempach, ouvrir un chemin à mes compagnons à travers les phalanges autrichiennes—en m'enfonçant dans la poitrine une brassée de piques des ennemis—les ennemis aujourd'hui seraient à une demi-lieue.»
«Il n'y aurait pas moyen, dit Condé, de jeter mon bâton de commandement au milieu d'ennemis si éloignés.» Et comment, dit le maréchal de Saxe, inviter, comme nous fîmes à Fontenoy—Messieurs les Anglais à tirer les premiers?—Aujourd'hui, notre voix se perdrait dans l'espace, et nous ne pourrions pas voir si nos adversaires sont des Anglais.»
«Pour moi, dit Turenne, j'avoue que je ne saurais pas commander et conduire une armée de plus de 30,000 hommes.—Cependant, en ce temps-là, nous faisions de grandes choses avec de petites armées.»
Aujourd'hui, il ne s'agit plus d'armées, de science, d'art militaire,—ce sont des invasions de sauterelles.
«Les anciens Romains, dit Varron, n'avaient qu'un seul mot—Hostis—pour dire ennemis et étrangers.»