Les journaux publient les toilettes de madame la présidente:—aujourd'hui, le rose tendre, le blanc, le bleu pâle,—un tricolore discret,—une aigrette de diamants, et, un autre jour,—et, d'autres jours encore, d'autres et de nouvelles parures.

C'est très bien;—mais n'était-on pas plus près de la République quand Henri IV écrivait à Sully:

«Mon ami, j'irai ce soir dîner chez vous à l'Arsenal.—Tâchez d'avoir du poisson,—nous boirons une ou deux bouteilles de votre petit vin d'Arbois.»

Louis-Philippe se promenant dans les rues de Paris avec son chapeau gris sur la tête—et son parapluie à la main,—n'avait-il pas l'air plus républicain que M. Carnot dans son beau landau?

Jamais les journaux ne rendaient compte des toilettes de la reine Amélie ni des parures de ses filles et de ses brus,—on ne les voyait jamais dehors. Autour de la reine, elles travaillaient pour les enfants pauvres,—elles se conformaient modestement à la célèbre épitaphe d'une matrone romaine.

Elle vécut chaste, restant dans sa maison et filant de la laine.

Gasta vixit, domun servivit, lanam fecit.

Quand la femme que j'ai citée disait: «C'est nous, aujourd'hui, qu'est les principes!» ce n'est pas ces principes-là qu'elle voulait, qu'elle espérait imiter.

Mais, si la République veut de la magnificence, elle doit regretter Louis XIV, qui se montrait avec dix millions de pierreries sur son habit.

La «maison militaire», que le roi Louis XVI avait supprimée par économie, a été rétablie par M. Carnot et pour l'avocat Grévy.