«Sorte de centaurée qu'on appelle bluet à cause de sa couleur bleue.»
Le bleuet—la fleur bleue par excellence! qui vous empêche alors d'appeler la rose roé? le rouge-gorge, ruge ou roge-gorge?
N'était-ce pas déjà trop d'avoir laissé les étincelles bleues devenir des bluettes, que, pour mon compte, je m'obstine à appeler bleuettes.
Sortons, si tu veux, du jardin, mais ne sortons pas de votre Dictionnaire?
Pourquoi appelez-vous charcutier le marchand de chair cuite? Pourquoi vous êtes-vous laissé imposer cette mauvaise prononciation populaire?
Pourquoi ne pas dire simplement chaircuitier? ou alors pourquoi ne dirait-on pas bucher au lieu de boucher, épcier au lieu d'épicier, chabonier au lieu de charbonnier, frutier au lieu de fruitier? Il y a, je le sais, des marchandes de pommes qui prononcent comme cela, mais elles ne sont pas de l'Académie.
Je n'ai aucune objection à faire contre le mot myrte—comme vous l'écrivez,—et, si j'ai l'habitude de l'écrire MYRTHE, c'est simplement que je l'ai trouvé plus joli ainsi orthographié, l'ayant lu dans de vieux livres, et notamment dans une histoire de chevalerie, où un chevalier de la table ronde se présente vêtu entièrement de vert, et sur son écu, de la même couleur, on lisait:
«Le verd est la couleur du myrthe et du laurier.»
Je demanderai seulement pourquoi le nom de cette couleur, qu'on écrivait autrefois avec un d final, s'est écrit depuis et s'écrit aujourd'hui par un t; ce qui ne va guère bien avec ses dérivés verdure et verdoyant.
Pourquoi a-t-on cessé d'écrire primtemps (premier temps) pour écrire printemps? sans compter qu'il y a aujourd'hui des gens qui écrivent printems.