C'est ce droit de se défendre que l'individu transmet à la société, et le transmet diminué de tout ce que la passion, la peur, la colère pourraient y ajouter d'arbitraire et d'excessif.
Mais, si la société avoue qu'elle est impuissante à protéger ses membres contre l'assassinat, elle rend à chaque individu la délégation qu'il lui a faite,—chacun rentre en possession de sa défense personnelle;—de là nécessairement, la vendetta, la loi de Lynch, le revolver et le tomahawk.
Qu'aurait-on dit et fait à M. Grille, si, voyant que l'assassin et le calomniateur de sa femme n'est pas condamné à mort, l'y avait condamné lui-même en lui brûlant la cervelle à l'audience?—Ce n'est certes pas moi qui l'aurait blâmé.
Vous trouvez que tuer un homme est horrible,—moi aussi.
Que tuer un homme, fût-il un scélérat, c'est encore fort triste.
C'est mon avis.
Que la guillotine est un objet hideux.
Je le pense comme vous.
Que l'office de bourreau et le bourreau lui-même sont ignobles et répugnants.
Rien n'est plus clair.