Gaieté, diète et repos.

On ferait un gros volume rien que des prescriptions non seulement imaginées, conseillées par les médecins, mais ordonnées sous des peines sévères par l'autorité et le gouvernement. Dans un très curieux livre,—quatre gros volumes in-folio, par Delamare, conseiller commissaire du Roy au Châtelet de Paris (MDCCXXIX); c'est un traité de la police, mais dans un sens élevé et général.

A l'article de la peste, les médecins sont sévèrement traités, et on leur impose de rudes devoirs. On donne une liste de parfums,—préservatifs;—après en avoir indiqué quelques-uns, on en signale un autre sous ce titre:

Autre parfum préservatif pour les personnes de condition.

Un médecin raconte qu'un client riche lui dit un jour: «Qu'est-ce que ce médicament de deux sous! gardez ça pour les pauvres, et donnez-moi quelque chose de rare, j'y mettrai le prix.»

Dans un autre livre très estimable du docteur Guybert, le Médecin et l'Apothicaire charitables (MDCLIII), il indique au contraire, après les médicaments rares, coûteux ou à la mode, des drogues équivalentes pour les pauvres.

Ainsi, en place de l'orviétan et du bézoard, si fort en crédit de son temps, il indique comme contrepoison le citron;—peut-être en exagère-t-il les vertus, par la confiance en Virgile, qui a dit au livre II des Géorgiques:

«Contre les poisons des marâtres, il n'est rien de plus sûr que le citron.»

Mais, ce qui est au moins aussi certain, il cite contre la peste une recette dite médicament des trois adverbes:

Cite, longe, tarde, vite, loin, tard.