Allez-vous-en vite, assez loin, et revenez tard.
Je dois avouer que sa théorie sur le sommeil est assez étrange.
«Il faut, dit-il d'abord, se coucher sur le côté droit afin que le souper descende plus profondément au fond du ventricule, puis se retourner et se coucher sur le côté gauche, afin de hâter la coction de l'aliment; puis, un peu plus tard, se retourner encore et se recoucher sur le côté droit pour faciliter la distribution du chyle.
Il me semble que ce sommeil est bien laborieux et que, pour obéir aux prescriptions du docteur, il serait nécessaire de ne pas s'endormir.
Le célèbre Guy Patin (de 1601 à 1672) était un médecin non seulement très savant, très lettré et de plus très spirituel: on a raconté que, pour l'avoir souvent à leur table, «quelques grands mettaient un louis d'or sous son assiette,» tant son entretien était intéressant, varié, gai et spirituel.
Il était sans pitié sur le charlatanisme de ses confrères et sur la médecine elle-même, à laquelle il croyait assez peu.
«J'aurais, disait-il, désiré être le médecin d'un vieil empereur;—il n'y a rien à faire avec un jeune prince:—il se passe de remèdes et il a raison, tandis qu'un vieux, il a peur, il s'affaiblit, devient crédule, et j'en aurais profité.»
«La nature, disait-il encore, a des secrets qu'elle ne nous révèle pas, et la vie de chacun est fixée à un certain nombre de jours qu'il n'est pas en notre pouvoir de prolonger.»
A un homme riche et gourmand qui se plaignait des premières atteintes de la goutte, il disait: «Il y a encore un moyen de vous guérir, vivez pendant un an avec trois francs par jour et gagnez-les en travaillant.»
«Nous profitons, disait-il encore, de l'entêtement des femmes, de la faiblesse des hommes et de la crédulité de tous.»