«Dans ma jeunesse, je rougissais quand on me donnait de l'argent; si je rougis aujourd'hui, c'est quand on ne m'en donne pas.»

Il disait encore:

«En fait de remèdes, je ne crois que ce que je vois.»

On usait beaucoup de la raclure de corne de cerf et surtout de licorne,—animal fabuleux que personne n'a vu plus que les tritons des Grecs et les hippogriffes.

«Pourquoi, disait-il, au lieu de prescrire de la corne de licorne, qui n'existe pas,—les médecins ne raclent-ils pas leurs propres cornes?—car aucune profession autant que la nôtre, qui nous oblige à être sans cesse hors de la maison et à y laisser nos femmes seules, n'expose la tête des hommes à cet ornement.»

Résumons: les anciens médecins n'étaient ni moins savants, ni moins intelligents, ni moins honnêtes que ceux d'aujourd'hui; leurs clients n'étaient ni plus crédules ni plus bêtes.

On a abandonné l'orviétan, la thériaque, les vipères, les pierres précieuses, etc.

Mais nous avons la morphine, la cocaïne, l'atropine, l'antipyrine, la caféine, etc.

Nous avons l'homéopathie, nous avons la théorie des altitudes sur les moulages, nous avons la guérison par persuasion, l'hypnotisme, la purgation par suggestion, etc.

Un évêque, voyant canoniser saints ou du moins bienheureux des personnages qu'il avait connus, disait: «Les nouveaux saints me font beaucoup douter des anciens.»