Dix jours après notre départ, nous rentrions à Paris,—et je disais à Léon Gatayes: «Est-ce que par hasard ces messieurs des journaux ne seraient pas aussi savants et aussi miraculeusement bien informés que je le croyais en partant?»
Il se passait beaucoup de choses à Paris.
Paris.
UN BAL A LA COUR.—Entre les choses qui se passaient à Paris lors de notre retour, il y avait un bal à la cour.
Quel bal et quelle cour!
Jamais un bal masqué de théâtre de troisième ordre n’offrit plus horrible cohue;—on se poussait, on se heurtait, on se bousculait,—surtout du côté des buffets, que l’on mettait au pillage.—Les salons étaient jonchés de rubans, d’épaulettes, de gants;—quelques bottes avaient marché sur quelques souliers de satin, que les pieds n’avaient pu retrouver.—Les femmes étaient fripées et chiffonnées,—marbrées et zébrées de coups de coude.
HISTOIRE D’UN MAIRE DE LA BANLIEUE ET DE SON ÉPOUSE.—Au dernier bal des Tuileries, le maire d’une petite commune de la banlieue, ayant reçu une invitation,—arriva à huit heures en carriole d’osier avec son épouse, parée de tous ses bijoux et de toutes les couleurs du prisme. Arrivé au guichet du quai, on l’arrête et on refuse de laisser entrer sa carriole;—mais il y a si peu de chemin à faire;—la cour est si bien sablée;—nous irons bien à pied jusqu’au péristyle. «Eh bien! Jean, tiens-toi en dehors et couvre Cocotte.»—On arrive au péristyle. Là, on demande à M. le maire ses billets d’invitation.—Il présente celui qu’il a reçu.
—Mais, monsieur, il n’y en a qu’un;—où est celui de madame?
—Est-ce que mon épouse en a besoin?