Monsieur Hugo!—monsieur Hugo!—est-ce que votre royaume serait de ce monde?

Mon Dieu!—est-ce qu’il n’y a pas de poëtes?

Est-ce que tous ceux-là sont des menteurs qui disent en vers et en prose qu’ils aiment mieux les violettes que les améthystes,—les gouttes de rosée que les diamants,—le bandeau de cheveux bruns d’une jeune fille que le diadème des rois?

Est-ce qu’ils sont des menteurs ceux qui disent en si beaux vers qu’ils préfèrent la voûte étoilée du ciel aux plus riches lambris,—qu’ils ne reconnaissent de véritable grandeur que dans les merveilles de la nature,—qu’ils n’admirent aucune pompe royale à l’égal du soleil d’automne qui se couche dans son lit somptueux de nuages rouges et violets?

Est-ce qu’ils n’existent pas, ces hommes que j’ai tant aimés sans les connaître,—ces rois de l’intelligence qui trouvent dans leurs cœurs et dans leur génie des trésors qui les rendent si supérieurs aux rois de la terre?—est-ce que toutes ces belles pensées sont des mots et des phrases qu’ils vendent le plus cher possible, pour acheter, avec le prix qu’ils en retirent, tout ce qu’ils font semblant de mépriser?

L’Académie a repoussé M. Victor Hugo,—pour accueillir dans son sein M. Flourens, médecin, et secrétaire de l’Académie des sciences.

M. Flourens n’est connu dans les lettres que par la nomination de l’Académie.

Les académiciens se défendent contre les reproches qu’on leur adresse, et citent des précédents qui constatent que le secrétaire de l’Académie des sciences a très-souvent été admis par l’Académie française.

Oui certes, messieurs,—mais les secrétaires de l’Académie s’appelaient alors, non pas Flourens, mais Fontenelle;—non pas Flourens, mais d’Alembert;—non pas Flourens, mais Condorcet;—non pas Flourens, mais Cuvier.