Le secrétaire de l’Académie des sciences était, dans ce cas-là, non pas un obscur savant, mais un grand écrivain,—sans en excepter Mairan, auteur plein de finesse et d’élégance.
Et d’ailleurs, messieurs des lettres, c’est de votre part une grande humilité, car je n’aperçois pas que l’Académie des sciences ait l’habitude de prendre des membres parmi vous.
M. Flourens était fort protégé par M. Arago.
M. Viennet a voté pour M. Hugo, malgré son antipathie contre le romantisme.—M. Viennet a agi en honnête homme et en homme d’esprit:—il aurait voulu, a-t-il dit, que l’Académie fît de temps en temps une élection littéraire, ne fût-ce que pour n’en pas perdre l’habitude.
L’avocat Dupin devait être partisan de la médiocrité;—il a voté pour M. Flourens.
M. Delavigne, l’écrivain chauffé, logé, nourri et indépendant du château, a voté contre M. Hugo.
M. Scribe, l’auteur d’une médiocre comédie, représentée le même jour au Théâtre-Français, a voté contre M. Hugo.
M. Royer-Collard,—ne trouvant pas, dans ses idées, M. Hugo un assez grand écrivain pour l’Académie, n’a pas cru cependant que M. Flourens lui dût être préféré, et il s’est abstenu.
Tous les gens qui n’ont pas écrit,—tous ceux qui ne devraient pas être de l’Académie,—ont voté avec frénésie pour M. Flourens;—leur enthousiasme pour ce médecin rappelle la reconnaissance du duc de Roquelaure pour ce seigneur sans lequel il eût été l’homme le plus laid de France.