MARIAGE DE LA REINE D’ANGLETERRE.—Quand régnait l’empereur Napoléon, il y avait toujours à la broche, au château, un poulet pour Sa Majesté, afin qu’elle n’attendît pas une minute quand elle demanderait à manger. Dès qu’on retirait un poulet, on en mettait un autre.
Il en est de même pour les princes de Cobourg:—on en tient toujours un à la broche très-tendre, tout plumé, tout rôti, tout bardé, tout prêt à épouser les reines d’Angleterre.
S’il y a dans le monde une position étrange, c’est celle du mari de la reine d’Angleterre.
En effet, au renversement des lois divines et humaines, dans une semblable alliance, c’est l’homme qui doit soumission et obéissance à sa femme; la femme, protection à son mari.
L’acte de naturalisation qu’il a obtenu lui donne le titre de citoyen anglais et le fait sujet de sa femme.—Jolie situation que celle d’un mari dont la moindre infidélité peut être considérée comme une haute trahison,—et que sa femme a le droit de faire pendre pour incompatibilité d’humeur!
Aux termes des lois, jamais le prince Albert ne pourra commander les armées, jamais il ne pourra être conseiller légal de la reine, jamais il ne pourra siéger au parlement.
L’aristocratie anglaise lui a refusé la préséance sur les princes du sang royal.
Ses fils, s’il en a, et il en aura, ou il sera pendu,—marcheront devant lui dans les cérémonies. La chambre des communes a rogné l’allocation qu’on demandait pour lui.
Une femme indignée a dit à quelqu’un qui le défendait: «Vous avez beau dire, ce n’est jamais qu’un prince entretenu.»