La suppression du jeu et de la loterie n’est pas étrangère à la fièvre qui a ruiné tant de gens, depuis plusieurs années, sous prétexte d’entreprises par actions.

Il faut que les passions aient leur cours et leurs exutoires.

Il serait peu logique de supprimer les égouts en haine des ruisseaux;—c’est cependant la même chose.—Quelque inconvénient qu’eût le jeu public, il en avait moins que le jeu clandestin.

Le jeu est un instinct et un besoin chez beaucoup de gens; chassé de ses asiles, il s’est réfugié dans la politique et dans l’industrie;—au lieu d’y perdre des fortunes particulières, on y met et on y perd—le crédit, la fortune politique, la confiance et tous les intérêts du pays.

On fait beaucoup de moralité contre les vieux vices usés qu’on laisse pour en prendre d’autres.

L’opposition a cru faire un bon tour au gouvernement en limitant le nombre de croix d’honneur dont il pourrait disposer chaque année: elle s’est figuré par cet obstacle lui ôter un moyen d’influence, et elle s’est trompée en cela qu’elle a fait précisément le contraire de ce qu’elle voulait et de ce qu’elle croyait faire;—le ruban rouge allait tous les jours se déconsidérant de telle sorte, grâce à la ridicule profusion avec laquelle on le donnait!... Mais voyons d’abord avec quelle libéralité les divers ministres qui passaient aux affaires se l’offraient entre eux, en qualité de petit cadeau pour entretenir l’amitié.

L’amiral Duperré est devenu grand-croix au mois de janvier 1831.

M. le baron Bignon a été nommé grand officier; M. Charles Dupin, commandeur; MM. Passy et Pelet (de la Lozère), officiers; M. Thiers, officier, et puis commandeur; MM. Sauzet et Teste, chevaliers.

Voici les avancements les plus remarquables par leur rapidité: