Le maréchal Soult a repris sa fluxion annuelle;—l’année dernière, elle a duré dix jours, pour lui laisser le temps de voir se débrouiller les choses.

On ne dit plus la famille, mais le haras des Cobourg.

M. Dupin a dit au roi: «Sire, voilà bien des ministères que vous me faites commencer sans que j’en finisse jamais aucun.»

M. Kalkbrenner, le célèbre pianiste, donnait, un de ces jours derniers, un grand dîner;—il crut devoir se transporter lui-même au marché pour se procurer un beau poisson;—il en vit un comme on n’en voit pas. «Combien le poisson?—Rien.—Comment, rien?—Il est vendu un louis.—J’en offre deux. Impossible, c’est pour M. de Rothschild.—Écoutez, ma bonne, quatre louis!—Non.—Eh bien! tâchez de m’en trouver un autre avant quatre heures, voici mon adresse.—Quoi! s’écria la marchande de poisson en lisant la carte,—vous êtes Kalkbrenner?—emportez mon poisson.—Mais M. de Rothschild?—M. de Rothschild s’en passera; un pianiste comme Kalkbrenner est au-dessus d’un banquier comme Rothschild!» (Authentique, raconté par M. Kalkbrenner lui-même.)—M. Paul F. a fait répandre le bruit dans les maisons où il va d’ordinaire qu’il ne peut reconduire une femme en voiture sans se rendre extrêmement dangereux.—Ses amis prétendent que c’est pour n’avoir personne à reconduire, et faire une notable économie de fiacres pendant son hiver.—Un seigneur étranger, ou plutôt un étrange seigneur, a donné des coups de cravache à une femme du monde avec laquelle il avait eu d’assez longues relations, et qui lui avait fait de grands sacrifices.—Les hommes de la société, depuis ce temps, lorsqu’il entre dans un club ou dans un cercle, se retirent et le laissent seul,—pour lui apprendre à vivre en société,—etc., etc., etc., etc.

Quand un jeune musicien a obtenu, après de longues études, un premier prix qui l’envoie à Rome,—il s’abreuve à longs traits de la joie du succès.—On le reçoit à Rome dans un palais plus beau que celui du pape.—Là, on le garde trois ans dans le luxe et la mollesse; puis on le renvoie à Paris, où il trouve toutes les positions prises par des Italiens,—et où il traîne une existence misérable, donnant des leçons au cachet, ou copiant les manuscrits de ses heureux confrères en i.

Tandis qu’à leur retour de Rome également les peintres font des enseignes et les sculpteurs des portes cochères, les graveurs gravent sur de la vaisselle les armes nouveau-nées—de gros financiers, protecteurs éclairés des arts.

Ce n’est pourtant pas pour ceux que la munificence nationale traite avec tant de somptuosité à la villa Médicis que M. Debelleyme a fondé le dépôt de mendicité.