On sait cependant qu’une clause du privilége du directeur de l’Opéra-Comique, qui reçoit à ce sujet une grosse subvention, l’oblige de jouer le premier ouvrage de tout pensionnaire de l’Académie qui rentre en France.

Un des bons élèves de Lesueur, premier prix de Rome, vient de donner à Rouen, en désespoir de cause, un opéra (les Catalans) qui a obtenu un beau succès.—D’autres, moins tenaces, se découragent.—On en pourrait citer qui se sont, de guerre lasse, jetés dans l’industrie.

Pourquoi ne pas les faire commencer par là?—pourquoi les leurrer par des appâts menteurs,—si on croit devoir donner en France aux Italiens l’empire de la musique? (Le Conservatoire est dirigé par un Italien, et trois noms en i se font remarquer à l’Institut.)

Les femmes portent plus que jamais des tableaux pour broches à leur cou;—il en est d’une grandeur incroyable;—on choisit pour ces exhibitions des portraits de famille.—Dernièrement, du salon où j’attendais qu’une femme à laquelle je faisais une visite—fût en état de me recevoir,—j’ai entendu une femme de chambre qui disait: «Madame mettra-t-elle son grand-père ou son petit chien?»

Cette manifestation d’ancêtres est embarrassante pour une grande partie de l’aristocratie nouvelle,—dont la génération précédente a oublié de peindre les grands-pères, ou qu’il eût fallu représenter,—qui en cuisinier,—qui en garçon de caisse,—qui en marchand de vin,—qui en bonnetier, etc.

Je trouve singulier, du reste, cet usage de porter sur la poitrine, dans les bals et les fêtes, des portraits de personnages morts.—Cela donne aux femmes un petit air de catafalque médiocrement divertissant.

LES FEMMES.—I. Il y a déjà bien longtemps que les hommes et les femmes vivent ensemble, et ils ne se connaissent point;—ils n’ont les uns à l’égard des autres que des aperçus très-faux, ou du moins très-vagues et très-incertains.

Ainsi, il y a à peu près cinq mille ans que les femmes font accroire aux hommes qu’elles sont faibles et délicates, et que, sous ce prétexte, elles leur imposent tout le travail et toutes les fatigues.

J’ai suivi dans le monde quelques femmes cet hiver,—et je puis affirmer que moi, espèce de rustre,—endurci par tous les exercices violents,—moi qui ai fait de longs voyages à pied, et de rudes traversées sur la mer,—il m’est tout à fait impossible d’accompagner plus de trois jours la plus faible, la plus grêle, la plus délicate, la plus mignonne, la plus vaporeuse des femmes. Deux nuits passées de suite m’attristent et m’abattent à un degré que je ne saurais dire; à la troisième nuit, j’ai l’air d’une ombre qui cherche un tombeau pour se reposer.