M. L., rue du Monthabor, 3,—qui a perdu son parapluie dans un fiacre, et promet une récompense honnête à la personne qui le rapportera,—deux francs.

A propos de la police, voici de sa part une remarquable preuve d’intelligence: une ordonnance prescrit aux cabriolets de louage de porter affiché à l’intérieur le tarif de leurs prix.

Dans les cabriolets, le cocher se met à droite pour conduire, et le bourgeois à gauche.—De quel côté supposez-vous que l’on mette la plaque contenant le tarif en question?—Sans doute à gauche, pour que la personne qui loue le cabriolet puisse le consulter. Nullement, l’ordonnance porte que la plaque sera à droite, c’est-à-dire, derrière le chapeau du cocher s’il est grand, et derrière son épaule s’il est petit, de telle façon qu’il est entièrement impossible d’en faire usage.

Une proposition a été faite à la Chambre tendant à faire établir qu’une loi qui ne donnerait lieu à aucune réclamation serait dispensée de discussion et de scrutin.—La proposition n’a pas été prise en considération.

En effet, cela irait trop vite,—et ferait perdre à messieurs les avocats des occasions de discourir.

Madame de Girardin a bien voulu faire à ma dernière homélie sur les femmes une réponse que je voudrais bien avoir faite moi-même.—A la Chambre des députés, M. Abraham ayant cédé son tour et M. Delacroix ayant parlé, on a dit: nous avons eu le sacrifice d’Abraham et le supplice de la croix.—Un lycéen me conseille de parler un peu de son proviseur et de détacher une guêpe de confiance sur la maison de M... à l’heure où il fait servir le brouet à ses élèves.

Diverses circonstances qui se sont présentées depuis la publication de mes petits volumes,—des lettres anonymes que je reçois où on m’appelle diffamateur,—bretteur, etc., etc., m’obligent, une fois pour toutes, à faire une profession de foi nette et positive. Il y a onze ans que je me suis mêlé pour la première fois aux débats de la presse périodique—j’ai toujours admis la responsabilité de l’écrivain dans sa plus large acception.—Je n’ai jamais écrit une ligne sans la signer, au moins de mes initiales A. K. Je défie qui que ce soit de me reprocher, dans cette période de onze ans, d’avoir manqué une seule fois à la plus stricte loyauté.—Je ne crois pas avoir usé de l’arme que j’ai dans les mains,—arme dont je connais la puissance et le danger—autrement que dans l’intérêt de la vérité, du bon sens et du bien public.—La forme ironique que j’ai adoptée de préférence a pu blesser quelques personnes.—Mais c’est ainsi que je vois et que je suis, et le reproche que l’on me ferait à ce sujet équivaudrait à mes yeux à celui qu’on pourrait me faire d’avoir les cheveux bruns.—Il m’est arrivé bien rarement d’avoir l’intention d’offenser quelqu’un, et si, dans ce cas-là, j’ai cru devoir ne pas dissimuler cette intention; si, dans d’autres circonstances, j’ai cru devoir admettre comme meilleurs juges que moi des personnes qui demandaient une réparation à une blessure qu’elles avaient sentie sans que je crusse l’avoir faite, et me mettre à leur disposition; les personnes qui me connaissent me rendent la justice que, lorsqu’il m’est arrivé—et j’ai eu soin que cela arrivât rarement—d’avoir exprimé un fait inexact,—j’ai mis le plus grand empressement à reconnaître mon erreur quand elle m’a été prouvée.