Les seuls journaux libéraux qui soient restés dans l’opposition sont—le Commerce et le National.

Le Journal des Débats,—qui a appartenu successivement à tous les ministères,—tient rigueur à M. Thiers qui prétend le braver.

On dit que le Journal des Débats est encouragé dans son incorruptibilité par une subvention qu’il reçoit directement de la liste civile,—mais je n’ai pas à ce sujet de renseignements assez précis pour pouvoir l’affirmer.

2.—Comme je revenais hier de chez Gatayes qui demeure aux Champs-Élysées,—je vis passer de très-beaux équipages et de superbes chevaux appartenant à M. Hope.

Des piqueurs au galop annoncèrent la voiture du roi, et je fus alors saisi d’une émotion pénible en voyant ses chevaux; ils allaient un train médiocre,—sur les huit, deux seulement trottaient et les autres se livraient à un galop plus ou moins intempestif et irrégulier. Je me rappelai les beaux attelages de l’empereur Napoléon,—de Charles X—et de Louis XVIII, qui, mené avec la plus grande rapidité, disait à son cocher:

—Germain, tu me conduis comme un fiacre.

Quelque temps auparavant, j’avais rencontré la reine de France. Sa Majesté sort ordinairement en daumont, eh bien! je ne lui ai jamais vu quatre chevaux bien ensemble.

Sous Charles X, M. de Vigogne allait tous les ans en Normandie remonter les écuries du roi.—On ne montrait pas un cheval avant que M. de Vigogne eût fait son choix.—Les chevaux achetés, on les plaçait à la réserve de Versailles, où on les entraînait et où on les gardait pendant un an avant de les admettre dans les écuries.

Aujourd’hui, M. de Strada, qui a la direction des écuries du roi Louis-Philippe, va acheter des chevaux en Allemagne, où il prend le reste des marchands, et ces chevaux, à peine arrivés, sont mis à la voiture immédiatement.