M. Garnier-Pagès a, sur ce sujet, abandonné ses théories républicaines,—et étudié la question depuis plusieurs années; le joli Vert-Vert universel, M. Thiers, qui la piochait depuis quinze jours, se sentait plus fort qu’il ne l’est d’ordinaire; il avait fait de nombreuses descentes chez son ami, M. d’Argout, pour lui chipper des renseignements,—pour défendre, en même temps que les intérêts de la Banque, ceux du papa beau-père Dosne, qui est régent de l’établissement,—et qui a donné en dot à son gendre tout ce qu’il possède de lumières sur la question.—M. Pagès, tout en reconnaissant les services rendus par la Banque de France, qui a, depuis sa création, fait baisser énormément l’intérêt de l’argent, a émis l’opinion fort juste qu’elle pouvait en rendre de nouveaux, au lieu de se renfermer dans les limites de ceux qu’elle a déjà rendus. Au résumé, le privilége est prolongé jusqu’au 31 décembre 1867.
Dans cette discussion, les hommes du métier,—M. Fould, par exemple, qui a été élu,—si on se le rappelle, parce que, disaient les voltairiens, il fallait bien qu’il y eût un juif à la Chambre,—comme s’il n’y avait pas déjà assez de chrétiens raisonnablement juifs, comme MM. Jacques Lefebvre, Lebœuf, etc., etc., etc.,—M. Fould, qui représente un principe, n’a fait qu’un discours insignifiant. A quoi servent donc alors ces manieurs de gros sous?
—Du reste, nous allons voir la Chambre montrer la même incapacité et la même indifférence pour les questions d’intérêt matériel qui vont s’y présenter,—questions qui exigent des connaissances spéciales que MM. les avocats ne pourront pas remplacer par des aunes de phrases.
La navigation intérieure,—les céréales, les paquebots—et surtout les chemins de fer, question où personne ne pourra mettre le holà de l’intérêt général sur les pétitions des intérêts particuliers.
Les anciens orateurs avocassiers de la Chambre ne brillent que dans les vieilles questions grotesquement exhumées par eux, de la réforme électorale, des envahissements du clergé,—du cumul, etc., etc.
—On répétait à un théâtre... je ne sais lequel,—une pièce de MM. Vanderburch et Laurencin.—Au milieu de la répétition, la jeune première s’arrête et dit:
—Quel est l’air de ce couplet?
—Monsieur Laurencin, dit le directeur,—quel est l’air de ce couplet?
—Ma foi, je n’en sais rien, répondit M. Laurencin;—c’est Vanderburch qui l’a fait,—il faut le lui demander.
—Il est à son château à Orléans.