24.—La Chambre a parlé, discuté et voté, avec un tumulte qui ressemblait à un vacarme dans l’école,—sur le transport du cercueil de Napoléon.—M. Glais-Bizoin—a fait entendre des paroles d’avocat rancunier et mesquin.—Napoléon les détestait,—et j’aurais voté le second million pour cela seul.

M. Gauguier,—a répété, avec un attendrissement qui a nui à la clarté de son discours, plusieurs refrains de M. de Béranger. M. de Lamartine a prononcé un discours plein d’élévation, de poésie et de raison.—Que de perles!—M. Odilon Barrot a fait de ces grandes phrases sonores à proportion qu’elles sont creuses, si familières aux avocats.—Beaucoup de membres de la Chambre ont saisi ce prétexte de se rallier au ministère; c’est un passe-avant pour les consciences à livrer. Le ministère s’est réuni à la commission et a demandé deux millions.—On a marchandé; l’apothéose a été un peu mélangée d’avanie.—On n’a accordé qu’un million et les Invalides.

—Il ne peut décidément se traiter à la Chambre une question un peu importante sans que MM. les avocats en profitent pour créer un barbarisme.

On a, ce mois-ci,—parlé pendant trois jours de l’industrie BETTERAVIÈRE.

Et pendant quinze jours des cendres de Napoléon, qui n’a pas été brûlé, que je sache.

MM. les avocats parlent tant, que les mots de la langue française ne suffisent plus à leur consommation.

25.—Le Journal des Débats n’est plus déjà si méchant contre le jeune Vert-Vert, président du conseil;—il le tolère aujourd’hui,—il l’honorera demain;—il communique déjà, pour les choses frivoles, par mon ami Janin,—dont l’esprit et la gaieté font pour le ministère des affaires étrangères le plus charmant abbé de cour;—et pour les grosses choses, les choses dites sérieuses, par M. de Bourqueney, secrétaire d’ambassade en disponibilité,—rédacteur-pigeon-voyageur de la feuille,—protégé par MM. de Broglie et Sébastiani, et aspirant pour compte à l’ambassade de Bruxelles.

—M. Léon Pillet est officiellement directeur de l’Opéra. C’est une manière pour M. Thiers de compléter sa reconnaissance, et de mettre en mains sûres l’Opéra, qui a plus d’importance politique que ne le croit le vulgaire,—par les loges, stalles, etc., que l’on envoie aux députés;—par les influences plus intimes du chant et de la danse.

J’ai dit que l’ambassade en Perse n’avait eu pour but que d’ôter certaines entraves au répertoire.