Mais cette fête dont vous refusez à Dieu sa part, ne voyez-vous pas que c’est à lui que toute la nature la donne?—tous ces parfums qui montent au ciel, toutes ces voix joyeuses d’oiseaux qui chantent; croyez-vous que ces voix et ces parfums ne vont pas plus haut que vous, et qu’après que vous les avez entendues et respirés,—elles s’éteignent et s’évanouissent?
A l’heure sainte où l’on sonne à l’église
La dernière prière,—au loin silencieux,
Du sol on voit monter comme une vapeur grise
Sortant de l’herbe et s’élevant aux cieux.
C’est l’encens qu’exhale la terre,
C’est la solennelle prière
De la création entière au Créateur;
Chaque fleur, chaque plante, y mêle son odeur:
La campanule bleue en fleurs dans nos prairies,
L’alpén-rose le pied dans la neige des monts.
Et le grand cactus rouge, hôte des Arabies,
Et les algues des mers dans les gouffres sans fonds,
L’oiseau son dernier chant dans sa verte demeure,
Et l’homme, des pensers qu’il ne sait qu’à cette heure.
Ce nuage divin, formé de tant d’amours,
Monte au trône de Dieu;—dîme reconnaissante
De ce que doit la terre à sa bonté puissante,
S’étend..... et c’est ainsi que finissent les jours.
17.—On m’envoie une sorte de journal qui s’imprime à cent vingt lieues de Paris, hors de France,—où on donne simplement à entendre que je suis un mouchard.
Je n’ai absolument rien à répondre à cela,—l’endroit d’où le journal est daté se trouvant précisément à quatre cent quatre-vingt mille longueurs de canne de celui où je demeure.
—Je reçois une lettre qui commence ainsi:
«Mon cher Alphonse, l’usage étant généralement adopté de présenter une adresse aux victimes bien portantes d’un crime non réussi,—permettez-moi de recueillir ma signature...
»Je vous conseille fort de changer votre paletot de velours contre une cuirasse;—et d’élever à la dignité de janissaire le père Michel, sur la fidélité duquel vous pouvez compter.
»Comte RAPHAEL DE GRICOURT.»