Il y a en ce moment bien du scandale à la Comédie-Française; les femmes s’en emparent définitivement. Madame Ancelot y fait jouer de temps en temps un drame par mademoiselle Mars; madame Sand, un drame, la Haine dans l’amour, qu’elle a fait lire par un jeune avocat chevelu.

Madame de Girardin est arrivée la dernière avec l’École des journalistes.

PARENTHÈSE.—Il y a des femmes qui réclament la liberté et l’égalité des droits avec les hommes. Elles sont comme le héros de Corneille:

..... Monté sur le faite, il aspire à descendre.

Les femmes jusqu’ici ont tout fait en France, et les hommes n’ont jamais été que leurs éditeurs responsables. Si l’on écrivait l’histoire des véritables rois de France, Agnès Sorel, madame de Maintenon, madame de Pompadour, etc., y seraient représentées coiffées de la couronne des illustres amants qui furent rois sous le règne de ces dames.

Il n’y a pas eu en France une seule grande chose, bonne ou mauvaise en politique, en littérature, en art, qui n’ait été inspirée par une femme.

N’est-il pas plus beau d’inspirer des vers que d’en faire? Il me semble voir des divinités descendre de leurs niches pour arracher l’encensoir à leurs adorateurs.

Au moment où j’écris ceci, elles envahissent tout, elles s’emparent de tout. En vain les hommes protestent; ils sont obligés, pour garder encore une dernière différence, et pour se distinguer des femmes, de laisser croître leur barbe.

Autrefois nous avions les titres et les noms; les femmes, le pouvoir et les choses: constatons que ce sont elles qui veulent changer cela.