Que des romans! Mais je le comprends d’un ministre; il pensait aux journaux. Les journaux renversent les ministères, tandis que les romans ne détruisent que la société.
Que des romans! savez-vous l’influence des romans? savez-vous combien l’Héloïse de Rousseau a dérangé de têtes? combien le Werther de Gœthe a causé de suicides? Et aujourd’hui, une femme habillant d’un style riche et pompeux les rêveries saint-simoniennes, savez-vous ce qu’elle a jeté de désordres dans le monde? Un président de cour royale me l’a dit: «Depuis le saint-simonisme et madame Sand, les demandes en séparation, qui n’étaient qu’un rare scandale, se sont augmentées de plus d’un tiers, et n’étonnent pas plus au Palais qu’une contravention aux ordonnances sur le balayage.»
Mais il n’y a pas de direction de l’instruction en France, parce qu’un ministre a bien assez à faire de s’occuper de rester ministre; on ne s’occupe ni de romans, ni du théâtre. O hommes graves! je disais tout à l’heure que vous êtes drôles! Hélas! il faut dire pis, vous êtes bêtes!
Il y a trois ans que l’Académie française n’avait perdu un de ses membres quand la mort est venue frapper M. Michaud. Un aussi long laps de temps ne s’était pas encore écoulé depuis l’origine de l’Académie. Les académiciens sont comme tout le monde, la foi les a abandonnés; ils ne croient plus à la postérité, ils essayent d’être immortels de leur vivant.
Le libraire Renduel a fait annoncer dans le journal la Presse:
LES CHATS DU CRÉPUSCULE,
Par M. Victor Hugo.
Nous pensons que c’est la même chose que les Chants du crépuscule déjà publiés.