Dans l’amour,—il y a une personne qui aime, et l’autre qui est aimée.
Entre deux amants, il n’y a qu’une somme d’amour à dépenser: ce que l’un prend de plus,—l’autre l’a de moins.
Il y a un instinct dans le cœur de l’homme qui le fait s’effrayer d’un bonheur sans nuage. Il lui semble qu’il doit au malheur la dîme de sa vie, et que ce qu’il ne paye pas porte intérêt, s’amasse, et grossit énormément une dette qu’il lui faudra acquitter tôt ou lard.
On demande en général à la vie plus qu’elle ne renferme; nous sommes accoutumés à mettre notre bonheur dans des choses impossibles et notre malheur dans des choses inévitables.
L’espérance et le souvenir ont le même prisme: l’éloignement. Devant ou derrière nous, nous appelons le bonheur ce qui est hors de notre portée, ce que nous n’avons pas encore ou ce que nous n’avons plus.