6.—M. Mathieu de la Redorte,—ambassadeur d’Espagne,—est parti depuis plusieurs jours.—On allait voir, chez le coiffeur Armand,—douze perruques à la Louis XIV, commandées pour ses gens.—Il emmène des voitures et des livrées extraordinaires.

7.—Le public a,—entre autres choses,—ceci de ravissant—que, s’il adopte souvent une idée,—sans trop savoir pourquoi,—il se donne ensuite bien garde d’en changer.—Ainsi, vous n’empêcherez jamais d’appeler journaux ministériels—la Presse et le Journal des Débats, qui font à M. Thiers, c’est-à-dire au pouvoir actuel, une opposition violente et systématique;—ni journaux de l’opposition,—le Courrier Français, le Constitutionnel,—le Messager, le Siècle, qui appartiennent au ministère.

On a beaucoup ri, hier, au Café de Paris, en voyant entrer à la fois deux journalistes fort connus,—l’un, que l’on donne pour type du journalisme corrompu,—est un jeune homme qui venait bourgeoisement dîner en tête-à-tête avec sa femme,—l’autre,—journaliste vertueux,—amenait une danseuse célèbre par sa maigreur.

8.—M. Thiers s’est tellement enthousiasmé du cheval que lui avait prêté M. Ernest Leroy pour la revue,—qu’il a beaucoup pressé celui-ci de le lui vendre. M. Leroy s’y est refusé; parce que ce cheval est un présent du duc d’Orléans.—M. Thiers s’est adressé alors au prince royal, qui a dit à M. Leroy: «Vous me ferez plaisir, en cédant le cheval de Tata à M. le président du conseil.»

M. Leroy—ne voulait pas d’abord en accepter le prix,—mais M. Thiers, l’ayant fait estimer, lui a envoyé huit mille francs.

Le cheval de Tata—n’est certes pas un bon cheval,—mais il a beaucoup d’apparence;—il vaut, du reste, infiniment mieux aujourd’hui qu’à l’époque où le duc d’Orléans l’a donné à M. E. Leroy.

Depuis ce moment—M. Thiers monte à cheval tous les jours,—il s’est installé à Auteuil,—et on le rencontre dans le bois de Boulogne,—suivi d’un domestique à cheval, porteur d’un rouleau de papiers.—M. Thiers travaille à cheval—absolument comme M. Lejars du Cirque-Olympique.