Et de l’autre côté l’éloquence éclatante
De maître Petit-Jean m’éblouit.....

Me Coraly:

«J’ai appris par l’expérience à me défier des entraînements du talent de Me Bac.»

Et partout cette phrase prétentieuse, boursouflée, redondante, répétant trois fois la même chose;

Et ces fades éloges de la beauté de madame de Léotaud,—et des grâces de madame de Montcreton,—et la réponse de Me Bac par les louanges des attraits de madame Lafarge:—cette galanterie empesée,—et cette ridicule forme de langage qui fait que Me Coraly s’écrie: «On a sali notre vie de jeune fille.»

Comme tout cela a été prévu par Racine!

L’INTIMÉ.

On force une maison;
Quelle maison? maison de notre propre juge;
On brise le cellier qui nous sert de refuge.

Une chose triste en lisant toutes ces révélations qu’entraîne un procès du genre de celui de madame Lafarge,—c’est de voir tout ce qu’il y a de commun et de mauvais goût dans les coulisses de la vie humaine,—combien peu il y a de gens qui aient quelque respect pour eux-mêmes,—et qui gardent quelque dignité quand ils sont seuls.—Il semble que, pour la plupart, les bonnes manières et la distinction soient un rôle fatigant dont on ne saurait trop vite se débarrasser; il semble voir des chiens savants retomber sur leurs quatre pattes aussitôt que leur maître détourne la tête.—Il y a une foule de gens qui, sitôt qu’ils se croient seuls, n’ont rien de plus pressé que de mettre un bonnet de coton et de ne plus se laver les mains.

On n’aime pas à entendre cette jeune femme ne trouver rien de mieux à dire à l’autre, à propos de son mariage récent, que ceci:—«N’ayez pas de diamants,—cela fait trop de peine de les perdre.» Que dirait-elle donc de plus s’il s’agissait de la perte d’un enfant?