Les officiers de ma compagnie ne signeront ma demande qu’après que j’aurai monté une garde.
Mon sergent-major ne peut me commander que pour le 9 octobre.
Donc la promesse du maréchal renferme nécessairement un délai jusqu’au 9 octobre, jour où je pourrai avoir rempli les conditions qu’il m’impose.
Il n’est donc pas tout à fait loyal ni logique de m’arrêter le 24 septembre pour n’avoir pas monté une garde le 9 octobre suivant et prochain.
Voilà deux jours que j’essaye inutilement de faire comprendre cela à ces messieurs;—comme je m’ennuierai moins en prison que je ne m’ennuie à causer avec eux,—je renonce à les persuader,—je refuse l’indulgence du pouvoir,—et je me conduis moi-même dans les cachots.
Je suis allé à l’état-major pour demander un ordre d’écrou, sans lequel on ne me recevrait pas en prison.
J’ai trouvé là un monsieur grisonnant qu’à son importance je suppose un employé subalterne.
—Monsieur, lui ai-je dit,—je vous apporte ma tête;—je vais aller au quai d’Austerlitz,—voulez-vous avoir la bonté de me dire combien je dois y passer de temps?
—Mais pas mal, monsieur.
—Oserai-je vous prier, monsieur, de développer un peu cette réponse concise, et de me dire à combien de jours de prison je suis condamné?