POST-SCRIPTUM.—Les hostilités ont commencé en Orient.—Beyrouth a été bombardée.—M. Thiers voit qu’il faut tomber, il veut rester, en tombant, un embarras pour ses successeurs, qui, eux, désireraient qu’il tînt encore un peu. Il va proposer au roi de telles choses, qu’il faudra les lui refuser,—et qu’il paraîtra aux Chambres avec le prestige d’un ministre démissionnaire ayant quitté volontairement une position où on ne lui permettait pas de venger la dignité de la France.
—On sait comment cela prêtera à la phrase et tout le parti qu’il en pourra tirer pour harceler ses vainqueurs.
Pour le moment, le gouvernement représentatif est aboli, et M. Thiers est dictateur: dictature sous laquelle on se livre aux marchés les plus scandaleux. Beaucoup de gens, qui crient bien haut à la dignité de la France, ne voient dans la guerre qu’un prétexte à fournitures.
On vient d’apporter à Rouen le corps d’un homme empoisonné, dit-on, par sa femme.—MM. les chimistes de Rouen vont faire, à leur tour, l’horrible cuisine qu’ont faite MM. les chimistes de Tulle.—Sous prétexte d’avoir été empoisonnés, les morts vont empoisonner toute la France.
Plusieurs citoyens,—se grisant des paroles de M. Thiers, se sont exaltés en faveur de l’enceinte continue avec l’enthousiasme qu’ils avaient contre la même chose, quand cela s’appelait forts détachés. Ces citoyens ne veulent pas confier à des ouvriers mercenaires le soin d’élever les murailles qui doivent nous enfermer. Chacun, selon le vœu de ces citoyens, mettra la main au plâtre.—Ils demandent que nous allions tous construire les fortifications à la manière du ver à soie, qui fabrique lui-même la coque qui lui sert de prison. Leur seul regret est de ne pouvoir, comme lui, tirer d’eux-mêmes les pierres et le bois,—et de ne pouvoir se changer en moellons et en solives.