On a remarqué que, dans le conseil des ministres,—c’étaient le ministre de la guerre et le ministre de la marine qui se prononçaient pour la paix, tandis que le ministre du commerce demandait la guerre, qui tue le commerce;—le ministre des travaux publics demandait la guerre, qui interrompt les travaux;—le ministre des relations extérieures demandait la guerre, qui détruit toutes relations.

On assure que le roi a dit:—«Ah! on prétend que je veux la paix à tout prix;—eh bien! qu’on touche seulement à Strasbourg!»

Voici l’hiver:—les cerisiers abandonnent leurs feuilles jaunes au vent qui a déjà dépouillé les tilleuls;—le sorbier, bientôt, va seul garder ses ombelles de fruits rouges comme des grains de corail.—Dans une petite ville de la Creuse,—les dames du pays s’occupent déjà d’organiser un bal au profit des pauvres;—les patronesses ont pensé à un costume qui les fit reconnaître.—On est facilement tombé d’accord d’un nœud de ruban tombant sur l’épaule;—mais ce qui n’est pas facile de décider,—c’est la couleur de ce ruban.—La politique s’est glissée dans la question.

On ne peut adopter une couleur agréable à un parti sans exclure les autres de la fête, sans les mettre à la porte de la philanthropie. Le rouge est un symbole républicain. Le vert, le blanc appartiennent à l’opinion légitimiste, le violet est bonapartiste, le jaune est ridicule. On se rappelle les couplets qui se chantaient en 1815, et sur la mesure desquels on cassait les glaces du café de la Paix, du café Lemblin et du café Valois.

On entonnait sur l’air de la Carmagnole:

Que ferons-nous des trois couleurs?
Le bleu c’est la candeur,
Le rouge, la valeur,
Le blanc c’est la bêtise,
C’est la devise
Des Bourbons.

Les gardes du corps répondaient: