Lors de l’ambassade de Perse,—M. de Sercey, près d’arriver, s’aperçut qu’il n’avait aucun présent à offrir au shah.—Comme il parlait de son embarras à ce sujet à un de ses secrétaires d’ambassade,—il avisa sur une table une paire de vieux pistolets montés en argent. «Qu’est-ce ceci? demanda-t-il.—Rien autre chose,—répondit le secrétaire, que de vieux pistolets à moi.

—Mais,—c’est que voilà mon affaire,—donnez-les-moi.

—Volontiers.

—C’est bien!»

Arrivé, M. de Sercey offrit au shah différentes bagatelles qu’il trouva à acheter,—et fit savoir indirectement aux officiers—qu’il y avait encore un présent;—mais un vrai présent,—quelque chose d’une valeur inappréciable, qu’on se déciderait peut-être à donner, quoiqu’on y tînt beaucoup:—des pistolets ayant appartenu à l’empereur Napoléon!—Ah! si M. de Sercey voulait les donner au shah... mais ce sera difficile;—cependant, il ne faut pas se désespérer.—Qui sait si l’ambassadeur ne se laissera pas toucher par de bons procédés?—Enfin, après de longs pourparlers,—de nombreuses hésitations,—de provoquantes coquetteries,—on a fini par donner au shah les pistolets du grand homme.

On faisait, devant M. de Balzac, un éloge mérité d’un de ses ouvrages: «Ah! mon ami,—dit le romancier à l’un des interlocuteurs, vous êtes bien heureux de n’en être pas l’auteur!

—Et pourquoi cela?

—Parce que vous pouvez dire tout le bien que vous en pensez,—tandis que moi—je n’ose pas.»