J’ai tenu toujours mes lecteurs au courant des différentes découvertes faites à mon sujet par d’honnêtes anonymes;—on a découvert tour à tour que j’étais vendu au roi Louis-Philippe,—puis à M. Thiers, puis,—que j’étais un mouchard.—Selon M. Bouchereau,—tous ces gens-là se sont trompés;—la vérité est que je suis vendu à M. Bert...,—probablement Bertin, le directeur du Journal des Débats.
Voici quelques-uns des vers de M. Bouchereau.
Voici d’abord son opinion sur mes romans:
L’artiste impartial voulut le parcourir;
Mais son chef devint lourd, puisqu’il semblait être ivre.
Bref, dégoûts et dédains lui fermèrent un livre
Qui le faisait dormir.
Opinion du même M. E. Bouchereau sur les Guêpes:
Oui, tel est cet auteur; il veut piquer les gens,
Mais il renverse tout. Il fait les guêpes biches;
Il connaît leur instinct, il les met en bourriches,
En dépit du bon sens.
Opinion du même M. Bouchereau—sur ma fortune et ma moralité:
Mais il n’a pas d’argent! Comment s’en procurer?
Bah! il en trouvera, c’est chose assez facile,
Dût-il vendre sa plume au premier imbécile
Qui voudra l’acheter.
—Ce moyen est honteux!—Lecteur qui dis cela,
Connais donc bien l’auteur: pour un doigt de champagne
Il fera de son mieux l’histoire de l’Espagne,
Puis apostasiera.
Il marchait en avant, on vint à sa rencontre;
Il sait qu’on le recherche, à Bert.. il se montre;
Bert.. veut l’acheter.
Me voici auteur d’une histoire d’Espagne,—apostat,—ivrogne,—et devenu la chose de M. Bert...—Ceci est complet,—on me connaît maintenant.
Puis, ce bon M. Bouchereau croit devoir s’excuser de ne m’avoir pas dévoilé plus tôt;—mais son excuse est dans un bon sentiment,—j’étais pauvre.