—Il ne s’agit pas de cela, monsieur.

—Beaucoup, au contraire, messieurs: c’est que, s’il est blond, je suis prêt à me couper la gorge avec lui;—mais, s’il est brun, je lui fais de très-humbles excuses.—Ma brochure est faite contre un petit blond qui m’a dit être M. Karr.

—M. Karr est grand et brun, comme vous avez pu le voir dans le volume où il demande l’adresse de vos oreilles.

—Alors, messieurs, j’irai lui offrir mes excuses.

Et M. Bouchereau est venu m’apporter des explications écrites qui rempliraient deux volumes des Guêpes,—à quoi il a bien voulu ajouter qu’il n’avait aucune preuve de ce qu’il avait écrit à mon endroit,—ni aucune raison d’en croire un mot,—me priant d’agréer ses excuses, ce que j’ai fait le plus sérieusement qu’il m’a été possible.

M. Bouchereau se nomme André Éloi et est fondateur d’une société ayant pour but le soulagement des clercs d’huissier dans la détresse.

La reine Amélie a été un peu scandalisée de ce que, dans la composition de la maison de la reine d’Espagne, il n’y a aucune femme.

Il n’est peut-être rien de plus triste que de voir ces tristes familles divisées et séparées—comme les graines d’une même plante.

Connaissez-vous, au fond de mon jardin,
Près d’un acacia, sur le bord du chemin,
Certaine giroflée, amis, qui se couronne,
Lorsque vient le printemps, d’étoiles d’un beau jaune?
Un suave parfum la dénonce de loin:
Lorsque arrive l’été,—lorsque sèche le foin,
Elle perd et ses fleurs et ses odeurs si douces,
Et la graine mûrit dans de noirâtres gousses,
Jusqu’au jour où le vent, le premier vent d’hiver,
Qui fait tourbillonner le feuillage dans l’air,
Emporte et sème au loin, dans diverses contrées,
Les graines au hasard en tombant séparées.
L’une tombe et fleurit sous le pied de sa mère;
Une autre sur un roc, ou bien dans la poussière,
Vient sécher et mourir.