—On a souvent reproché au préfet de police son incroyable incurie; mais le préfet de police ne s’occupe que de politique, et répond que, pour enlever la neige qui couvre Paris, il lui faudrait trente mille tombereaux, tandis qu’il n’en possède, en réalité, que sept cent cinquante.
—A quoi on répond au préfet de police—qu’à Londres on n’a jamais vu une rue sale, parce qu’on n’attend pas, pour enlever les immondices, qu’il y en ait trente mille tombereaux,—parce qu’il y a dans les rues des cantonniers qui les balayent perpétuellement, etc.
On répond encore au préfet de police qu’il ne suffit pas de faire afficher sur les murs que les portiers casseront la glace et balayeront le devant de leurs portes;
—Qu’il faut encore veiller à l’exécution desdites ordonnances et l’exiger.—
En effet, les portiers se divisent en deux classes:
PREMIÈRE CLASSE: Portiers libéraux, ne tenant aucun compte des ordonnances de police.
DEUXIÈME CLASSE: Portiers juste milieu, exécutant lesdites ordonnances de la manière que voici:
Les portiers des numéros pairs poussent leurs ordures, neiges, glaces, etc., de l’autre côté du ruisseau, et les mettent en tas contre les numéros impairs;
Les portiers des numéros impairs poussent leurs glaces, neiges et ordures, de l’autre côté du ruisseau, et les mettent en tas contre les numéros pairs.
Après quoi chacun a fait son devoir.