En France, c’est le contraire: qu’un homme ait un différend avec la police ou la gendarmerie, le peuple se déclare pour lui, sans même demander d’abord si c’est un voleur ou un assassin.
Un soldat a besoin du baptême du feu,—du baptême du sang;—un citoyen, pour être populaire, a besoin du baptême de la police correctionnelle.
Quiconque se conforme strictement aux ordonnances de police est immédiatement, dans son quartier, réputé espion et mouchard.
Que la police sépare un champ en deux parties égales, et écrive d’un côté:
Défense d’entrer ici.
Cela aura précisément le résultat qu’aurait une défense d’entrer de l’autre côté... qui serait exécutée.
Une croix de bois pend du haut d’une maison d’où les couvreurs font pleuvoir l’ardoise et la tuile à foison.—On vous défend de passer de ce côté de la rue; l’autre côté devient désert par le soin qu’ont tous les passants de désobéir à la défense.
Les marchands du côté où il est permis de passer se plaignent de ne plus vendre, et écrivent à M. Delessert pour le prier de ramener le public sur le trottoir en lui défendant d’y passer.
Les Parisiens de bonne foi savent bien que je ne fais ici aucune exagération;—il y en a d’autres qui ne remarquent pas cela, parce qu’ils ne remarquent rien.—Semblables aux hommes dont parle l’Écriture: «Ils ont des yeux et ils ne voient pas.» Semblables aux hannetons, qui, faisant partie intégrante de l’histoire naturelle, ne savent pas l’histoire naturelle pour cela.
Ce qui donne aux Parisiens,—et, je crois, aux Français en général, l’aspect fâcheux que voici: