Ce qui ne laisse pas que d’être encore assez singulier,—c’est que c’est presque immédiatement après son discours en faveur de la paix qu’il a été décidé que M. Bugeaud irait faire la guerre en Afrique à la place du maréchal Valée. De quoi toute l’armée sera enchantée.

CORRESPONDANCE.—Un monsieur m’envoie de Liége une lettre de papier blanc: sa plaisanterie consiste à me faire payer vingt sous de port.

Un autre m’envoie de Mulhouse une lettre écrite.—Celui-ci est furieux.—J’ai dit que ce monsieur avait parlé dans un banquet trop longtemps au gré des convives et il me répond:

«Si la caisse des fonds secrets ne paye pas bien cher vos provocatrices dénonciations de basse police,—dénoncez-la elle-même,—comme ne sachant plus rémunérer les plus lâches turpitudes.»

Le monsieur a demandé par écrit à un journal l’insertion de sa lettre:—le journal a cru devoir refuser.—Moi, je rends à ce monsieur le petit service auquel il semble tenir beaucoup.

Je lui dirai seulement que les lettres du genre de la sienne ne s’envoient pas par la poste:—on vient soi-même (port payé), on les apporte et on reçoit tout de suite la réponse.

Décidément c’est une triste invention que l’écriture, l’ubiquité qu’elle donne aux personnes.—Si ce monsieur ne savait pas à peu près écrire,—il serait simplement bête à Mulhouse;—tandis que, par sa lettre, il est bête à la fois à Mulhouse et à Paris.

Beaucoup de personnes m’envoient des renseignements dont je leur sais très-bon gré, et dont je ne fais pas usage.—Je ne puis, en accueillant des notes anonymes et sans garantie, m’exposer à me rendre l’écho d’une calomnie ou d’une étourderie.

Je reçois chaque mois pour cent cinquante francs d’injures anonymes.—Je trouve cela décidément un luxe au-dessus de mes moyens. J’ai résolu de mettre à l’avenir ces braves gens à l’amende du port de leur lettre, et je ne recevrai plus que les lettres affranchies.